Portes Korriganes : nos différences
Nota: le compte-rendu de la réunion publique du 12 août traite du même sujet: Voir le compte-rendu
Les Portes Korriganes sont une idée ambitieuse, novatrice, avec un volet habitat de 220-280 logements, un pôle tertiaire et un pôle loisir (hôtel, résidence hôtelière) regroupés au sein d'une même ZAC pour rendre l'ensemble possible. Cette originalité imaginée par la municipalité précédente – les projets plus anciens ne concernaient que le pôle loisir – a convaincu la commission des sites le 2 juillet 2007, après cinq ans d'efforts et de procédures.
Ce projet est aujourd'hui celui de la nouvelle municipalité, y compris de celles et ceux qui l'avaient combattu. Nous en serions heureux si certaines dérives n'étaient pas apparues...
Examinons les changements intervenus sur le projet.
 • l'abandon de l'idée de casino.
Nous proposions de l'étudier et d'en soumettre la décision à la population, par référendum. La réalisation ou non d'un casino ne dénature pas le projet : pas de quoi se fâcher, même si les taxes de casino reviennent aux communes et la taxe professionnelle de l'hôtel à l'intercommunalité.
 • La construction d'une salle des fêtes/médiathèque.
Nous proposions une médiathèque rue des marais, parce qu'il est important de dynamiser le centre-ville en y mettant les équipements publics, et que les synergies avec l'école étaient évidentes. Une différence importante, mais pas fondamentale.
 • La construction rapide de 220 logements, dont une partie à des bailleurs sociaux.
Le projet est (presque) le même au final, mais la méthode et le phasage changent tout. Soyons conscients que cette ZAC est la dernière opportunité de qualité (centre-ville) au Pouliguen, et que nous devons aussi penser aux générations futures. Notre projet était de créer rapidement une soixantaine de logements – pour satisfaire la demande immédiate – puis de créer 20 à 30 logements nouveaux tous les deux ou trois ans, et répondre ainsi aux demandes des Pouliguennais pour les 15 à 20 prochaines années (plus quelques arrivées extérieures). La municipalité actuelle envisage de réaliser ces 220 logements en une fois (4 à 6 ans maximum), créant un véritable appel d'air qui satisfera sans doute de nombreux habitants du département, heureux de venir s'installer au Pouliguen. C'est bien mais que fera-t-on ensuite pour la génération suivante?
Sachant qu'il a fallu six ans pour créer cette ZAC, il serait déjà temps, dans ce cas, de penser à la suivante, mais aucun autre dossier n'est en cours.
Et puis, si nous n'avons jamais eu la crainte de réaliser des logements à loyers modérés au Pouliguen, même en nombre important, les construire tous dans un délai très court (220 logements représentent 700 à 800 habitants, (sans compter les immeubles sur les terrains dits « Richard », envisagés sur la même période) doit s'étudier avec attention (impact sur le quartier, crèches, stationnements en ville, flux nouveaux de circulation, etc …).
Ce n'est pas le cas.
Il est curieux de constater que ceux que notre projet effrayait vont aujourd’hui plus loin et surtout plus vite dans cette voie.
 • Confier l’ensemble de l’opération à un opérateur extérieur
Le projet des Portes Korriganes est celui du Pouliguen, de sa population, de ses élus. Dans notre esprit, la ville devait et doit garder la maîtrise du projet. Confier l'ensemble de la réalisation de la ZAC à un aménageur ou à un promoteur qui certes en assurera le portage financier, mais gérera l'ensemble de l'opération, y compris les équipements publics, n'était pas notre façon de voir les choses. C'est le choix de la majorité actuelle, avec un cahier des charges qui – d'après elle – mettra la ville à l'abri d'une mauvaise surprise. Un cahier des charges comporte toujours des failles et un aménageur intéressé à la rentabilité de l'opération (et non payé au forfait) ne sera jamais un philanthrope. Dans le passé, la ville du Pouliguen avait cru faire une affaire en se faisant offrir du mobilier urbain en échange de panneaux publicitaires – il avait fallu déchanter. Cette fois, l'opération est d'un toute autre envergure.
Première conséquence: la réalisation rapide de l'ensemble des logements évoqués au point précédent. Chacun comprend que c'est l'intérêt d'un aménageur privé de réaliser l'ensemble de l'opération dans un délai court, quatre à six an maximum. Le fait que les élus majoritaires qui, lors de la campagne électorale, fustigeaient la «surdensification» en centre-ville au nom d'une certaine qualité de vie se sont ralliés – comme par hasard – à cette idée de réalisation rapide qui ne présage rien de bon. La ville fera-t-elle le poids face aux aménageurs privés pour défendre l'intérêt public lorsque les contrats seront signés? Dans les réunions publiques, dans les commissions, ce ne sont pas les élus qui répondent aux questions sensibles mais les représentants de cabinets d'étude.
C'est inquiétant.