Isabelle Penot-Leroi privée de délégation

L'arrêté la privant de délégation a été signé le 27 juillet, lendemain du Conseil. Pendant toute la durée du Conseil, le maire et les proches (qui étaient au courant) ont fait "comme si". Puis, plus rien, rien dans la presse (le site de la mairie présentant les élus a pourtant été discrétement mis à jour). Quelques élu(es) de la majorité qui avaient quelques velleïtés d'indépendance d'opinion sont rentrés dans le rang et la majorité parle d'une seule voix. Jusqu'à quand?
Nous publions ci-après, sans le commenter, le courrier que Mme PENOT-LEROI a adressé au maire en réponse.

  Monsieur le Maire
Hôtel de Ville "Brécéan"
17 rue Jules Benoît
44510 LE POULIGUEN

Le Pouliguen le 17 août 2011 
Monsieur le Maire, Cher Yves,

      J'accuse réception de votre courrier recommandé du 27 juillet 20111 par lequel vous m'informez avoir pris la décision de me retirer ma subdélégation à l'intercommunalité, à compter du 1er août 2011.Ainsi, nous arrivons au terme de notre collaboration, au cours de laquelle ma seule préoccupation a été de représenter, au mieux les intérêts de notre commune au sein de l'intercommunalité sans jamais compter mes efforts dans ce domaine comme dans ceux de la Jeunesse et des Sports.
      Je souhaitais faire avancer les projets en ne perdant jamais de vue ce pourquoi nous avons été élus : le Pouliguen et les Pouliguennais. A chacune de nos réunions, je n'ai eu de cesse de soulever l'importance d'une gestion cohérente, ouverte et concertée, à l'opposé d'un fonctionnement fondé sur les rumeurs véhiculées par vos collaborateurs et vous-mêmes, le dénigrement permanent de tous (conseillers municipaux, associatifs, Pouliguennais...), la volonté de tout cacher, les mesures prises en dépit du bon sens ou les pressions exercées sur les personnes n'abondant pas dans votre sens. Vous refusiez de l'entendre. Vous persistiez dans cette voie du secret, du mépris et de l'incompétence qui ne correspond en rien à mes engagements envers le Pouliguennais.

      J'ai donc été amenée à prendre position en conseil municipal, en toute conscience, vis-à-vis des Pouliguennais qui nous ont fait confiance en votant pour nous. Pourquoi être fier de laisser entendre que vous avez réussi à tromper nos concitoyens pour la rénovation des halles? Pourquoi être fier de laisser entendre à nos concitoyens ou aux prestatires de la commune que la commune a de l'argent et qu'elle peut dépenser parce qu'elle peut s'endetter à souhait? Vous décidez seul. Oui. Vous vous croyez fort. Peut-être. Mais où est l'intérêt de la commune dans tout cela ?
br>       Lors de notre dernière entrevue, nous nous en sommes expliqués en tête à tête. Vous m'avez profondément choquée en me rabaissant violemment. Une femme a une profonde sensibilité mais la blesser n'est pas suffisant pour la faire plier et renoncer à ses valeurs.

      Alors, après menaces et chantage à mon encontre, en représailles, vous êtes passé à l'acte le lendemain du dernier conseil, sans un mot, sans un appel téléphonique, sans aucune motivation, diffusant votre décision à tous sans m'informer.

      Au fil du temps, votre autoritarisme a empêché tout dialogue, toute concertation dans les dossiers traités, n'admettant jamais le débat au sein des commisssions, des réunions dites "de liste", des bureaux municipaux ou des conseils municipaux. Cette manière de penser et de faire est dépassée, relève d'un autre temps et est dommageable pour notre commune.

      Aujourd'hui, j'éprouve une profondre tristesse : tristesse de constater au bout de trois ans à quel point la liberté d'expression, la démocratie ont été vidées de leur sens ; tristesse de constater le gâchis relatif aux projets ou aux finances pour notre commune par incompétence et suffisance; au final, tristesse de constater que le Maire que vous êtes ne ressent rien pour sa commune ou ses concitoyens, obsédé par les prochaines élections et votre souhait de nous fondre dans La Baule. Je me sens profondément abusée et trahie.

      Je vous prie d'agréer, Monsieur le Maire, mes salutations attristées sachant qu'en dépit des difficultés, j'aurai toujours à cœur de travailler pour les intérêts de la commune en tant que conseillère municipale.

signé : Isabelle Penot-Leroi